Le MAG-Jeunes Gais, Lesbiennes, Bi et Trans se félicite de la délibération rendue par la HALDE le 12 janvier 2009 en ce qui concerne la prévention des discriminations et du harcèlement discriminatoire à raison de l'orientation sexuelle au collège et au lycée. La HALDE rappelle la responsabilité du Ministère de l'Education Nationale sur ces questions et appelle également ce dernier à s'appuyer sur les associations. Le travail effectué par le MAG sur le terrain nous montre combien cette réalité est diificile pour celles et ceux qui la subissent.
La HALDE , qui se félicite des décisions déjà prises par le Ministère telles que la circulaire du 4 avril 2008 visant à "lutter contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l'homophobie" ou l'introduction en 2007 des actes liés à l'homophobie dans le logiciel Sivis de recensement des violences à l'école, reprend à son compte des propositions formulées par le groupe de travail. La HALDE recommande ainsi une plus grande prise en compte du critère de l'orientation sexuelle, au même titre que les autres critères de discrimination, que ce soit au niveau des manuels scolaires, de la formation des enseignants ou des règlements intérieurs des établissements. La HALDE souhaite également que l'Education Nationale s'appuie sur les associations qui, telles que le MAG, mènent des interventions visant à prévenir l'homophobie, et l'invite à cette fin à examiner "sans a priori" les demandes d'agréments émanant de telles associations.
Au vu de la situation difficile dans de nombreux établissements où, du fait de leur orientation sexuelle- réelle ou supposée- de nombreux jeunes se sentent rejetés, subissant incompréhension ou brimades, sans toujours pouvoir compter sur le soutien du personnel encadrant, le MAG espère que cette délibération sera suivie d'effet. N'oublions pas que le résultat de ce climat où l'homosexualité est l'objet de dérision ou de violence est de conduire de nombreux jeunes gais, lesbiennes, ou en questionnement quant à leur orientation sexuelle à s'auto-dévaloriser et parfois à adopter des comportements à risques, ce que montrent les tristes chiffres de la sur-suicidalité des jeunes homosexuels.
Certains jeunes nous ont fait part de leur déception face au manque de réactivité des représentants de l'autorité dans leur lycée. C'est cette réalité que les jeunes intervenants du MAG constatent toutes les semaines quand ils sont sur le terrain, dans les lycées et collèges d'Ile de France. Séverine, se réjouit ainsi de l'arrivée des intervenants du MAG dans son lycée. Elle nous témoigne son vécu :
"Bonsoir,
J'ai remarqué que des intervenants du MAG viendraient au lycée CC dans quelques semaines, et c'est plutôt une bonne chose. Je tiens quand même à dire que, bien que situé dans un quartier réputé "ouvert"(à Paris), ce lycée comporte de nombreux homophobes.
Je suis dans ce lycée et depuis quelques temps je subis insultes et moqueries de la part de certains de mes "camarades", on passe de "sale gouine" "va te faire enculer même si t'auras du mal" à des insultes un peu moins ciblées comme "pétasse" "sale pute". Je suis allée voir le CPE de mon lycée mais il n'y a pas eu de sanctions, car ce dernier est "ami" avec 2 des personnes qui m'insultent. Trouvez vous cela normal ? Personnellement je pense que le minimum aurait été un avertissement noté sur le dossier scolaire. On ne plaisante pas avec l'homophobie, mais apparemment l'administration croit qu'en parlant cinq minutes avec des intolérants leurs idées changeront...
Je vous remercie,
Séverine."
Puis elle nous répond ensuite :
"Merci de votre réponse. Je suis quand même triste de me faire traiter de gouine à tout va...et surtout frustrée par la réaction du CPE qui, même s'il m'a dit qu'il tenait à "leur faire comprendre" que c'était "mal", en a clairement rien à faire. D'ailleurs aujourd'hui alors qu'on parlait de ça il m'a raconté une anecdote sur l'expression "laisser pisser les moutons" d'Henri IV, c'était un peu déplacé ! Enfin bon, peut être qu'il croit que j'exagère.
Je pense que ça serait bien que les profs parlent de cette intervention... car même s'il y a des affiches au lycée, personne n'en parle. Un prof qui avait l'affiche a seulement lu la partie concernant une picèce de théâtre et n'a pas lu celle sur votre intervention. Autrement peu de gens y assisterait, et je crois que même les gays et les lesbiennes n'y assisteront pas (à part ceux clairement déclarés) : ça serait une sorte de coming out ! On devrait même nous obliger à y assister !"